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Responsable qualité d'un organisme de formation passant en revue une grille d'indicateurs Qualiopi sur une tablette

Indicateurs Qualiopi : 7 critères, 32 puis 33 indicateurs

Par Julien Rayes · · Mis à jour le · 8 min de lecture

Les indicateurs Qualiopi sont les points de contrôle sur lesquels un auditeur évalue votre organisme de formation, un par un. Ce sont les exigences du Référentiel National Qualité (RNQ), regroupées en 7 critères : 32 indicateurs jusqu’au 31 octobre 2026, 33 à partir du 1er novembre 2026, selon le décret n° 2026-728 du 1er août 2026, publié au Journal officiel du 4 août 2026 (texte relu à la source le 6 octobre 2026). Le 33ᵉ ne concerne que l’apprentissage (CFA), et vous n’êtes évalué que sur les indicateurs applicables à vos activités déclarées. Ils définissent ce que vous devez faire, et surtout prouver, pour obtenir puis conserver la certification. Comprendre leur logique fait toute la différence entre un audit serein et un audit dans l’urgence. Voici le référentiel décodé, avec les preuves attendues critère par critère, et la manière de les tenir à jour toute l’année sans y laisser vos soirées.

Qu’est-ce qu’un indicateur Qualiopi, exactement ?

Un indicateur, c’est une exigence précise assortie d’un niveau attendu et d’éléments de preuve que l’auditeur vient vérifier. Là où le critère donne la grande orientation (« informer le public », « adapter aux publics »), l’indicateur descend dans le concret : « les délais d’accès sont affichés », « les objectifs sont évaluables », « les réclamations sont traitées ».

Autrement dit, vous n’êtes pas jugé sur vos intentions, mais sur ce que vous pouvez montrer. Pour chaque indicateur applicable, l’auditeur attend une preuve datée, cohérente et retrouvable. C’est tout l’enjeu de la certification, et c’est aussi là que la plupart des écarts se créent.

Quels sont les 7 critères Qualiopi ?

La certification repose sur le Référentiel National Qualité, structuré en 7 critères déclinés en 32 indicateurs jusqu’au 31 octobre 2026, puis 33 à partir du 1er novembre 2026 (décret n° 2026-728 du 1er août 2026, JO du 4 août 2026). Seuls les indicateurs applicables à vos activités déclarées vous concernent :

  1. Information du public : prestations, délais d’accès, résultats et tarifs accessibles et à jour.
  2. Objectifs et conception : des objectifs précis, adaptés et formalisés pour chaque prestation.
  3. Adaptation aux publics : accueil, positionnement, accompagnement, suivi et évaluation des bénéficiaires.
  4. Moyens : moyens pédagogiques, techniques et d’encadrement adaptés et mobilisés.
  5. Compétences des personnels : qualification et développement continu des formateurs et intervenants.
  6. Inscription dans l’environnement : veille légale, veille métier/emploi, innovations, réseau, et prise en compte du handicap.
  7. Appréciations et réclamations : recueil des retours et amélioration continue.

Pour la vue d’ensemble de la démarche (obtention, coût, durée du cycle), voir notre guide complet Qualiopi pour les organismes de formation. Ces indicateurs s’appliquent une fois que votre organisme dispose déjà de son numéro de déclaration d’activité, le préalable administratif pour exercer légalement.

Tous les indicateurs vous concernent-ils ?

Non. Un organisme de formation « classique » n’est pas évalué sur tous les indicateurs. Certains sont spécifiques à l’apprentissage (CFA), à la VAE ou aux bilans de compétences. Selon vos activités déclarées, l’auditeur ne retient que les indicateurs applicables.

Voici le périmètre de chaque activité dans le référentiel en vigueur au 1er novembre 2026, compté colonne par colonne dans l’annexe du décret n° 2026-728 du 1er août 2026 (JO du 4 août 2026, relu le 6 octobre 2026) :

Type d’activitéIndicateurs applicables au 1er novembre 2026Spécificités à anticiper
Socle commun aux quatre activités22Information, objectifs, suivi, moyens, compétences, veille, appréciations
Actions de formation23 à 28 : les 22 communs, le positionnement à l’entrée (8), puis jusqu’à 5 de plusCertification professionnelle (3, 7, 16), alternance (13), formation en situation de travail (28) : seulement si vous en faites
Bilans de compétences22Le socle, sans indicateur dédié
VAE24Résultats (3) et conditions de présentation à la certification (16)
Apprentissage (CFA)33Seule activité concernée par les indicateurs 14, 15, 20, 29 et le nouveau 33

Le périmètre exact dépend de la déclaration d’activité de votre organisme et des prestations que vous menez réellement. Cadrez-le avec votre certificateur avant l’audit : cela évite de préparer des preuves inutiles… et de découvrir des manques le jour J.

Quelle preuve pour quel critère ?

Comprendre les indicateurs est la partie facile. La difficulté, c’est de prouver que vous les respectez. À chaque critère correspondent des preuves types à tenir à jour :

CritèrePreuves attenduesOù elles se fabriquent
1, InformationProgrammes publiés, CGV, délais d’accès, résultats affichésSite, convention
2, ObjectifsProgrammes détaillés avec objectifs évaluables, positionnementDocuments pédagogiques
3, AdaptationÉmargements, évaluations, attestationsSuivi de session
4, MoyensSupports, CV des formateurs, descriptif des moyens techniquesDossier formateur
5, CompétencesQualifications et plan de développement des personnelsRH / veille
6, EnvironnementComptes rendus de veille, fiche référent handicap, partenariatsVeille régulière
7, AméliorationQuestionnaires analysés, registre des réclamations, actions correctivesBoucle qualité

L’objectif n’est pas d’accumuler des documents, mais d’avoir, pour chaque indicateur applicable, une preuve solide et à jour.

Quels sont les indicateurs les plus souvent ratés ?

D’expérience de terrain — ce n’est pas une statistique publiée par un certificateur —, les écarts (non-conformités) reviennent souvent sur les mêmes points. Les connaître à l’avance, c’est s’épargner la mauvaise surprise :

  • La veille (critère 6) : légale, métier, innovations, rarement tracée de façon régulière. Un dossier vide trois mois sur quatre saute aux yeux de l’auditeur.
  • Le handicap : référent non désigné, modalités d’accueil non formalisées.
  • Les objectifs non évaluables (critère 2) : « sensibiliser à… » n’est pas un objectif mesurable ; « être capable de réaliser… » oui.
  • Le traitement des réclamations : pas de registre, pas de boucle d’amélioration.
  • Le recueil des appréciations : collecté mais jamais analysé, l’auditeur veut voir ce que vous en faites.

Ce sont aussi les plus simples à sécuriser avec un minimum de méthode.

Un exemple concret : du flou à la preuve

Prenons le critère 7 (appréciations). Beaucoup d’organismes envoient bien un questionnaire de satisfaction en fin de session. Mais le jour de l’audit, ils présentent une pile de réponses brutes, sans synthèse ni suite donnée. Résultat : un écart, car l’indicateur demande de prendre en compte les retours, pas seulement de les collecter.

La version qui passe sans accroc : un questionnaire envoyé automatiquement à J+1, une synthèse générée par session (note moyenne, verbatims marquants), et une trace des décisions prises (« nous avons rallongé le module 3 suite aux retours »). Même effort de collecte, mais une preuve qui parle d’elle-même. C’est exactement ce type de boucle que l’automatisation rend léger.

Comment tenir ses preuves sans y passer ses soirées ?

La plupart de ces preuves se collectent au fil de l’année, pas la veille de l’audit. Le piège classique, c’est de tout reconstituer en panique trois semaines avant le passage de l’auditeur, alors que chaque élément aurait pu être enregistré au moment où il se produisait.

Trois réflexes qui changent tout :

  1. Une source unique : saisir une information (dates, durée, formateur, prix) une seule fois, et la réutiliser partout (programme, convention, émargement, attestation). Fini les incohérences entre documents, qui sont une cause fréquente d’écart.
  2. La collecte automatique : un questionnaire de satisfaction qui se synthétise tout seul, des émargements horodatés, une veille centralisée au fil de l’eau.
  3. Un dossier de preuves toujours prêt : classé par critère, à jour en continu, retrouvable en quelques secondes le jour J.

Pour démarrer sans partir d’une page blanche, notre kit Qualiopi gratuit donne les cases à remplir : six documents (grille de preuves, registre des réclamations, fiche de veille, synthèse des appréciations, suivi des formateurs, plan d’amélioration continue), chacun avec les numéros d’indicateurs qu’il sert à prouver. Cet article explique les critères ; le kit sert à ranger les preuves en face.

Une organisation administrative allégée et un peu d’automatisation suffisent à garder vos preuves à jour, c’est le cœur de notre service d’automatisation des process, et nous détaillons la mécanique complète dans automatiser la conformité Qualiopi avec l’IA.

Questions fréquentes

Combien y a-t-il d’indicateurs Qualiopi ? 32 indicateurs répartis en 7 critères jusqu’au 31 octobre 2026, puis 33 à partir du 1er novembre 2026 (décret n° 2026-728 du 1er août 2026, JO du 4 août 2026). Le 33ᵉ ne vise que l’apprentissage. Un organisme n’est évalué que sur les indicateurs applicables à ses activités déclarées.

Quels indicateurs me concernent ? Cela dépend de vos activités (formation, apprentissage, VAE, bilans de compétences). Les indicateurs spécifiques ne s’appliquent qu’aux activités concernées : un organisme qui ne fait que de la formation « classique » en couvre entre 23 et 28 dans le référentiel du 1er novembre 2026, selon qu’il prépare ou non à une certification professionnelle.

À quelle fréquence est-on audité ? Au-delà de l’audit initial, un audit de surveillance intervient en cours de cycle pour vérifier le maintien de la conformité. Voir : préparer son audit de surveillance Qualiopi.

Comment savoir si une preuve est suffisante ? Une bonne preuve est datée, nominative quand c’est pertinent, et cohérente avec vos autres documents. Si vous hésitez, c’est souvent qu’il manque la traçabilité ou la régularité.

Un écart entraîne-t-il forcément la perte de la certification ? Non. Un écart « mineur » se corrige sous un délai défini ; seuls des manquements majeurs ou non corrigés remettent la certification en cause. D’où l’intérêt de combler les points faibles connus en amont.

En résumé

  • Les indicateurs Qualiopi sont 32 exigences réparties en 7 critères, 33 à partir du 1er novembre 2026 (décret n° 2026-728 du 1er août 2026) ; vous n’êtes évalué que sur les indicateurs applicables à vos activités déclarées.
  • Chaque indicateur attend une preuve datée, cohérente et retrouvable, pas une intention.
  • Sur le terrain, les écarts reviennent souvent sur les mêmes points : veille, handicap, objectifs évaluables, réclamations, analyse des appréciations.
  • La conformité se joue toute l’année, par la collecte continue, pas la veille de l’audit.
  • Une source unique de données et un peu d’automatisation évitent les incohérences qui coûtent cher en audit.

Abordez votre audit l’esprit tranquille

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